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Retribution peut-il s’en sortir ?

WWE Retribution

Malgré tout le potentiel du groupe, Catchologie se demande sérieusement comment la faction rebelle pourrait s’en sortir aujourd’hui…

Dans l’univers du catch, lorsqu’un scénario est présenté, les fans se mettent alors à imaginer la suite. En dépit des perspectives alléchantes, la direction que prend une histoire est parfois à des années-lumière de ce que l’on attend. Ce constat vaut aujourd’hui pour Retribution, où l’on se demande bien comment le groupe pourrait s’en sortir…

Un groupe qui en rappelle un autre

L’idée à l’origine de la formation de Retribution est simple mais efficace tant on pourrait imaginer le côté réel de la chose. Un groupe de catcheurs issus du Performance Center à qui l’on a promis monts et merveilles durant leur passage à NXT, constatent une réalité toute autre. Ceux-ci réalisent en effet que le talent ne fait pas tout. De fait, ces derniers s’allient et décident tout simplement de mettre à mal la société de Vince McMahon. Ainsi, Dominik Dijakovic, Dio Maddin, Mia Yim, Shane Thorne et Mercedes Martinez ont commencé à apparaître devant nos écrans. Tout de noir vêtus, bonnet couvrant le visage et capuche mise sur la tête, ces catcheurs dont l’identité n’était pas encore officiellement dévoilée sabotaient à de multiples reprises le déroulement de RAW et Smackdown. Seulement voilà, on ne le répétera jamais assez : sans cohérence, comment croire en ce que l’on voit ?

Oui, Finn. A Catchologie, on dévoile tous les secrets du catch. TOUS.

Nous avons beau savoir que le catch est un divertissement sportif dans lequel le déroulement des matchs et autres séquences sont scriptées, son intérêt réside notamment dans sa capacité à nous faire accepter que les faits se déroulant sous nos yeux pourraient être réels. Se faisant, on nous incite alors à nous investir dans un scénario et à suivre avec attention celui-ci. Et comme tout bon divertissement, il nous est compliqué de garder cet intérêt lorsque, semaine après semaine, les incohérences s’accumulent. Des questions sont ainsi soulevées sur la planification au long-terme du chemin que souhaite faire prendre le staff créatif de la WWE à Retribution.

Les fans pouvaient espérer, en voyant l’apparition de ce groupe de rebelles, vivre la naissance d’un scénario similaire à celui du Nexus. Souvenez-vous : de jeunes catcheurs issus de la première saison de NXT se dressaient en 2010 faisaient face à l’ogre WWE. Ceci aboutissait alors sur l’éclosion de plusieurs stars tout en proposant des affrontements inédits. Concernant Retribution, on peut dire que le soufflé est vite retombé depuis leur première apparition le 3 août 2020.

Savourez la genèse du Nexus, et comparez l’impact réalisé en une quinzaine de minutes contre celui réalisé par Retribution en plusieurs mois

Une question peut être posée aujourd’hui : considère-t-on Retribution comme une menace réelle à l’organisation solidement ancrée de la WWE ? Contrairement à Nexus après ses débuts, la réponse est clairement non. Attention, Catchologie n’idéalise pas pour autant le groupe mené par Wade Barrett, n’oubliant pas que ces hommes portant un bandeau noir et jaune sur le bras ont aussi rapidement déçu, sauf en de rares occasions. Tout de même, la différence en terme de qualité proposée est de taille. Soulevons maintenant un à un les problèmes constatés depuis l’émergence de la faction.

Des desseins confus

Tout d’abord, et ce malgré les efforts de la WWE, les premières apparitions du groupe ont manqué de… mordant. Pourtant, la démarche n’est pas particulièrement différente de celle du Nexus. Retribution s’attaque aléatoirement à des membres du personnel de la WWE et détériore le matériel à proximité. Est-ce du à l’absence de public ? Difficile de répondre objectivement. Néanmoins, la vision d’une personne utilisant une tronçonneuse pour couper des cordes soulève la question de l’utilité ou même de la symbolique du geste. Est-ce vraiment ce genre d’action qui va mettre à mal une compagnie multimilliardaire ?

Au bout de quelques semaines, les interventions systématiques de Retribution à Raw et Smackdown ont fini, sans explication, par devenir des attaques ayant lieu uniquement dans l’émission du lundi. Le show de la Fox était mystérieusement épargné. Alors que la cible du groupe est bien la WWE dans son ensemble, pour quelle raison Smackdown serait ignoré ? Dijakovic et consorts auraient-ils un faible pour la Fox ?

Peu de temps après, le dernier clou du cercueil enfermant nos espoirs allait être enfoncé. Le 21 septembre, soit moins de 2 mois après les premières apparitions du groupe, Retribution passait à l’étape suivante. L’identité des catcheurs initialement présumée était bel et bien confirmée. Dijakovic, Maddin, Yim, Martinez et Thorne se dévoilaient au grand jour, conservant malgré tout des masques au design évoquant les films d’horreur à la mode aux alentours d’Halloween. Ce soir-là, les catcheurs se présentaient sous de nouveaux noms (T-Bar, Mace, Slapjack et Reckoning) au concept tellement court-termiste que l’on pouvait s’inquiéter quant à la pérennité du programme.

De plus, Reckoning et T-Bar nous expliquait, non sans mal, que RAW… avait offert des contrats aux catcheurs, pensant calmer leurs intentions destructrices. En tant que fan de catch, le concept de croire en quelque chose qui n’arriverait pas dans la “vraie” vie n’a rien d’impossible bien entendu, si le personnage ou l’histoire racontée reste captivante. Toutefois, difficile ici d’accepter une situation visant à nous faire comprendre qu’un employeur accepte d’embaucher des personnes venues détériorer ses locaux.

A partir de là, bien qu’elle n’a jamais été explicitement présentée, la disparition de Mercedes Martinez – qui n’eut pas le privilège de recevoir un nouveau sobriquet – fut remarquée par tous les fans. Si cela ne devrait pas avoir tant d’importance étant le peu d’exposition de la catcheuse jusqu’alors, il s’agit un énième fait, peut être la goutte d’eau faisant déborder le vase de notre patience. Il était clair, à ce stade, que la WWE ne savait pas quelle direction prendre avec Retribution !

Un nouvel espoir

Malgré tout, le 5 octobre, Raw nous proposa une agréable surprise, alors que nous nous surprenions de nouveau à fantasmer de jolis plans pour le groupe. Dans un retournement de situation inattendu, Mustafa Ali se révéla être le leader de ce groupe depuis le début. Cela fait potentiellement écho aux rumeurs que ce catcheur incarnait le rôle d’un mystérieux hacker apparaissant dans des vignettes à Smackdown il y a plusieurs mois, scénario abandonné rapidement.

Objectivement, ce nouveau rôle pour Mustafa Ali est une chance inespérée. En effet, il n’a pas encore réussi jusqu’à maintenant à faire ses preuves dans le main event d’une compagnie très concurrentielle. Au même titre que Wade Barrett avec le Nexus, ce programme pourrait alors propulser Ali dans des rivalités contre les McIntyre, Orton et autres têtes d’affiche du moment alors qu’il était jusque là cantonné dans la division Cruserweight.

A ce stade, il est bien trop tôt pour dire si cette évolution dans l’organisation du groupe Retribution est une réussite. Nos inquiétudes restent cela dit aussi intactes lorsqu’on constate qu’une intervention de Mustafa Ali, annoncée en amont du dernier épisode de Raw n’a tout simplement pas eu lieu, sans aucune explication des commentateurs ou de la WWE en général quant à la raison de son annulation.

Ce même soir, alors que le Draft 2020 avait lieu, nous apprenions aussi que RAW… conservait ses éléments perturbateurs en les draftant. Nous ne réitérerons pas notre incompréhension liée à la contractualisation du statut d’une faction rebelle, mais il est amusant de voir que le leader met en valeur publiquement cette incohérence sur les réseaux sociaux.

A partir de là, comment croire au succès futur de Retribution ? Il est plus que compliqué d’espérer, avec autant de faits décousus et de modifications à la volée autour du groupe, voir une cohésion s’installer et surtout une trame permettant aux fans d’accrocher aux actions de Mustafa Ali et ses camarades. En dépit de cela, nous ne pouvons qu’attendre et espérer des développements futurs permettant d’apporter enfin un semblant d’intérêt et surtout une rivalité plus concrète, mettant alors les membres de Retribution à l’œuvre sur un ring.

En effet, il ne faut pas oublier le talent composant le groupe (Dio Maddin étant le plus inexpérimenté) où chaque membre a pu faire ses preuves et surtout se construire une solide réputation sur la scène indépendante. Dans un soupçon d’optimisme, nous pouvons alors imaginer que, en dépit d’une présentation catastrophique, Retribution saura faire oublier tout cela une fois que la cloche sonnera et que les catcheurs auront l’occasion de… catcher, tout simplement !

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Tony Truand

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