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Critique de WWE Hell in a Cell 2020

WWE Hell in a Cell 2020

Les résultats de WWE Hell in a Cell 2020 sont connus, mais qu’en est-il de la qualité du show ? Catchologie met sa blouse blanche et analyse le show dans une critique des matchs du Pay-Per-View !

Les résultats de WWE Hell in a Cell 2020 sont connus, mais qu’en est-il de la qualité du show ? Catchologie met sa blouse blanche et analyse le show dans une critique des matchs du Pay-Per-View !

Championnat 24/7 : R-Truth contre Gulak

Voici un match qui n’avait pas été annoncé en amont et qui n’a pas nécessairement besoin de l’être étant donné les stipulations inhérentes au championnat 24/7. Nous savons juste qu’Akira Tozawa et Drew Gulak étaient en chasse récemment pour capturer la ceinture verte détenue par R-Truth depuis plusieurs semaines, et cela semble suffisant pour donner un match à l’un d’entre eux.

Pour démarrer le combat, le challenger “parle” à Little Jimmy avant de l’attaquer, déclenchant la colère noire du champion et un assaut que Gulak aura du mal à contenir. Néanmoins, la stipulation classique du match joue en faveur de celui-ci qui arrive à imposer rapidement son catch technique en enchainant frappes, prises au sol et prises de soumission. Il faudra un tombé rapide surprenant Gulak pour que R-Truth parvienne à conserver son titre au bout de 5 minutes.

C’est bien trop peu pour vraiment apprécier ce combat, d’autant plus que l’on sent le potentiel du perdant du jour pour développer de beaux matchs techniques tandis que Truth, approchant la cinquantaine, a définitivement de beaux restes.

Note du match : 3,5/10

Championnat universel : Reigns contre Uso

Ce match a été annoncé après Clash of Champions alors que Jey Uso n’avait pas voulu reconnaître que Roman Reigns était le Tribal Chief. La stipulation Hell in a Cell n’étant pas suffisante aux yeux du champion, il ajouta le principe du I Quit Match dans lequel le perdant sera donc celui qui admettra au micro qu’il voudra stopper le match. Enfin, le Big Dog a annoncé que si son cousin venait à perdre, lui et les autres membres de sa famille seront purement et simplement bannis de sa tribu.

Dans ce match ayant réussi à nous captiver avant même son début de par son excellent scénario, le combat commence comme leur précédente confrontation à Clash of Champions. Reigns, froid, lent et calculateur, domine les débats. Le cœur de Jey Uso étant grand, il parvient néanmoins à contre-attaquer, mais Reigns prend rapidement l’ascendant. Il est intéressant de voir les deux catcheurs se disputer, chacun leur tour et parler à leur adversaire après coup en expliquant leurs raisons de se battre. Cela permet en effet de maintenir la cohérence du scénario et de montrer que chaque participant a ses justifications que chaque fan pourrait choisir de suivre.

Si l’ambiance audio sert normalement un tant soit peu pour accompagner les matchs, nous avions plutôt l’impression ici qu’elle nuisait au déroulement du match. En effet, nous aurions préféré entendre plus clairement les propos des catcheurs, notamment au moment où ceux-ci devaient dire les mots “I Quit” ou non. Bien entendu, les armes furent de la partie avec des chaises et des sangles notamment, donnant lieu à des séances de fouettage et d’étranglement pas des plus simples à suivre sans grincer des dents.

Les douze premières minutes passées, nous sommes entrés dans un faux rythme inhérent aux stipulations I Quit où de nombreuses pauses entre chaque grosse action ont lieu, le temps de voir si l’un des deux catcheurs allait abandonner. Alors que Jey Uso était malmené et refusait de prononcer les mots “I Quit”, nous renvoyant au déroulement du match à Clash of Champions, l’arbitre s’apprêtait à stopper de lui-même le combat alors qu’il constatait qu’Uso était incapable de poursuivre le combat. Roman Reigns l’en empêcha et envoya valdinguer l’arbitre par-dessus les cordes. A partir de ce moment, ce fut le chaos total, d’autres officiels entrant dans la cage pour empêcher le champion de poursuivre le combat.

Alors que le tenant du titre, se montrant intimidant, était parvenu à faire fuir tout le monde et s’apprêtait à écraser son cousin avec des escaliers en fer, Jimmy Uso est venu sauver son frère en se posant sur son corps inerte pour le protéger. Ce geste mit visiblement un peu de plomb dans la cervelle du Tribal Chief, fondant en larmes devant ce qu’il allait faire pendant que Jimmy lui expliquait qu’ils restaient une famille et pouvaient continuer à se serrer les coudes comme ils l’ont toujours fait. Ce ne fut toutefois pas suffisant alors que Reigns attaqua finalement Jimmy et appliqua son Guillotine Choke. Se réveillant à se moment-là, Jey décide d’abandonner le match et prononce les matchs “I Quit” afin de stopper la prise sur son frère.

Juste en-dessous de la barre des vingt minutes, Roman Reigns reste donc champion dans un match qui, toujours comme leur précédente rencontre à Clash of Champions, était captivant à suivre non pas pour la qualité du combat en lui-même mais pour l’histoire racontée. Les commentateurs se sont retrouvés à plusieurs reprises silencieux durant le combat, mais ce n’était pas forcément une mauvaise chose car les catcheurs parlant souvent, il y avait une histoire à suivre à travers le combat mais aussi à écouter à travers leurs paroles.

Note du match : 7,5/10

Elias contre Hardy

Elias, de retour de blessure, s’en est pris à Jeff Hardy alors que le Drifter est persuadé qu’il est la personne l’ayant renversé en voiture il y a plusieurs mois de cela. Tout juste démarrée durant le Draft de cette année, cette rivalité n’a pas eu beaucoup de temps consacré et si l’affiche est intéressante, on ne peut pas dire que ce soit le match qui ait donné envie aux fans d’acheter un abonnement au WWE Network pour suivre le show.

Le combat, comme pour rester dans la thématique de la soirée, s’est avéré bien plus brutal qu’on ne pouvait l’imaginer pour un match classique. N’hésitant pas à utiliser l’environnement à l’extérieur du ring pour frapper leur adversaire, Hardy et Elias n’ont pas retenu leur coup. Alors que le Charismatic Enigma semblait avoir pris l’ascendant, Elias roula à l’extérieur du ring et attrapa sa guitare, en désespoir de cause. Pour autant, son rival, sûr de son sujet, maîtrisa la situation et attrapa l’instrument de musique transformé en arme et frappa le chanteur avec, provoquant sa disqualification en un peu moins de sept minutes de match.

Le peu que nous avons vu des deux était agréable, mais le but ici était plutôt de nous donner envie de regarder RAW lundi afin de voir comment la rivalité entre les deux évoluera. Ce n’est clairement pas fini et ce combat, comme on s’en doutait au préalable, servait surtout à passer à l’étape suivante. Nous avons pu toutefois constater que sur un ring, les deux ont du potentiel. Vivement le “véritable” match !

Note du match : 5/10

Otis contre Miz

Alors que le Miz a utilisé durant des semaines ses relations pour nuire à Otis, le séparant de Mandy Rose puis de Tucker, il est enfin parvenu – en soudoyant JBL lors d’un “procès” – à obtenir un match pour avoir une chance de récupérer la mallette du Money in the Bank qu’Otis détient actuellement. Si le traitement réservé à la mallette ne nous plaît pas vraiment à Catchologie, on ne peut pas nier le fait que la WWE ait réalisé des efforts pour préparer et justifier ce match.

Celui-ci aura été marqué par de belles offensives d’Otis et du Miz, mais ce se seront paradoxalement Michael Cole et Corey Graves, les commentateurs de Smackdown, qui auront pu être établis comme les stars du match. Etrangement détendus pour l’occasion, les deux hommes échangèrent des blagues sans pour autant se détourner de l’action du match. Celui-ci, bien que relativement court, fut rythmé et intense notamment de par les tentatives d’intervention de John Morrison jusqu’à ce que l’arbitre décide de l’exclure du match.

Malheureusement pour Otis, c’était de Tucker dont il fallait se méfier. Son ex-partenaire de Heavy Machinery l’a trahi en fin de match en le frappant avec la mallette du Money in the Bank, permettant à un Miz complètement abasourdi par ce qui venait de se passer de capitaliser et d’obtenir le compte de trois pour devenir le nouveau Mr Money in the Bank. Avec sept minutes au compteur, les deux hommes auront fait ce qu’ils ont pu pour nous proposer un spectacle divertissant, mais c’est plus la suite qui nous intrigue désormais : le Miz parviendra-t-il à redonner du prestige à la mallette verte et dorée ? Comment Tucker et Otis vont-ils poursuivre leur nouvelle rivalité alors qu’ils ne sont pas dans les mêmes branches ?

Note du match : 5,5/10

Championnat féminin de Smackdown : Bayley contre Banks

Alors que Bayley atteint le règne historique de 380 jours, la championne ne peut plus reculer et doit affronter au sein du Hell in a Cell Match son ancienne amie qu’elle a trahie. Nul besoin de revenir sur la qualité du scénario qu’on vous a déjà exposé en détails, modèle d’écriture et de préparation.

Sans surprise, les deux catcheuses nous proposent un match fluide et brutal dans lequel Sasha Banks parvient régulièrement à prendre l’ascendant psychologique et physique grâce à son agilité. La fourberie du personnage joué par Bayley lui permet toutefois de s’en sortir en parvenant à utiliser intelligemment son environnement et à retourner les stratégies de sa rivale contre elle.

La créativité dont font part Bayley et Banks est tout simplement époustouflante : elles parviennent à nous proposer toutes deux des séquences jusque-là jamais vu ou rarement aussi bien exploitées. La maîtrise du Hell in a Cell est bien là ! Cole et Graves, à la table des commentateurs, font leur part du travail et parviennent à décrire la brutalité de ce qui se déroule devant nos yeux tout en savourant, au même titre que nous, le combat proposé.

Alors que Banks prend l’avantage à travers une salve de coups de bâton de kendo tout en hurlant sur son adversaire, la Role Model parvient à retourner la situation en utilisant sa chaise, précieux allié de la championne tout au long de cette rivalité. La persévérance sera toutefois le maître mot de cette affiche alors que les séquences pouvant conclure le combat s’enchainent au-delà de la vingtième minute du match, Banks utilisant notamment le Bayley-to-Belly de sa rivale.

Ce sera finalement la chaise qui sera au centre de la victoire de Sasha Banks qui parviendra à coincer la tête de Bayley dans cet objet tout en appliquant son Bank Statement. La Boss obtient donc le dernier titre qui manquait à son palmarès au terme d’un match sublime, probablement l’un des meilleurs Hell in a Cell qu’on a pu nous proposer. Est-ce la fin de cette rivalité toutefois ? Pas sûr, et il faudra suivre Smackdown pour avoir la réponse !

Note du match : 9/10

Championnat des USA : Lashley contre Slapjack

Alors que Mustafa Ali, leader de Retribution, proposait un défi au Hurt Business lors du kickoff de Hell in a Cell visant à proposer à n’importe quel membre des deux groupes de s’affronter, c’est finalement Slapjack qui s’opposa à Bobby Lashley, le championnat des Etats-Unis étant aussi mis en jeu pour l’occasion. Tandis que la rivalité entre les deux factions s’essouffle déjà, difficile de s’emballer comme vous vous en doutez pour ce combat organisé à la va-vite.

Au terme d’un affrontement pratiquement dominé de bout en bout par le champion malgré quelques offensives de Slapjack, Lashley applique son Hurt Lock pour la victoire en moins de quatre minutes seulement. Visiblement, l’intérêt résidait plutôt dans l’après-match où Retribution tenta d’attaquer Lashley avant que le reste du groupe ne vienne à la rescousse et ne provoque la fuite des rebelles. Cela semble nous mener vers un match équipe contre équipe à Survivor Series, mais c’est vraiment, vraiment compliqué à l’heure actuelle de se réjouir de cette perspective.

Note du match : 3,5/10

Championnat de la WWE : McIntyre contre Orton

Dans une rivalité qui commence à tirer un peu sur la longueur, McIntyre et Orton s’affrontent dans la grande structure rouge métallique qui, semble-t-il, viendra conclure ce chapitre. Alors que le champion arrivait, son adversaire l’attaqua par surprise, déguisé en membre du staff. Cela n’empêcha pas Drew d’équilibrer rapidement les débats et de poursuivre le combat au sein de la cage pour démarrer officiellement le match.

Les premières minutes fut d’abord complètement à l’avantage de l’écossais, à tel point qu’on se demandait comment Randy Orton allait s’en sortir. C’est bien entendu de par son expérience au sein du Hell in a Cell qu’il trouva à la première occasion venue représentée par une chaise le moyen de contrer son adversaire. Dès lors, le Viper appliqua méthodiquement ses coups tout en usant avantageusement la stipulation encadrant les deux catcheurs.

Malgré l’agressivité démontrée par Drew et Randy, le rythme du combat semble paradoxalement mou et, contrairement au match entre Reigns et Uso par exemple, une audio renforcée impliquant des chants de fans n’aurait peut-être pas été de trop sur la première moitié de match, plutôt qu’un simple brouhaha constant. Il faudra attendre l’approche des vingt minutes pour voir le combat prendre un nouveau tournant, alors que les deux catcheurs décidèrent, Randy Orton le premier, de grimper au sommet de la cage. Les coups échangés au sommet menacèrent de provoquer la chute des catcheurs à travers le sommet, et on regrettera que les commentateurs n’aient pas assez mis à l’accent là-dessus.

Alors que les deux adversaires entamèrent ensuite leur descente sur le côté, le Legend Killer parvient à provoquer la chute du Scottish Psycopath à mi-chemin, tombant lourdement sur la table des commentateurs. Ce n’était ensuite quasiment qu’une formalité, malgré un dernier sursaut du champion impliquant un Claymore Kick, pour Randy Orton de prendre définitivement l’avantage avec un RKO le couronnant pour la 14e fois après pratiquement trente minutes de combat sympathiques mais qui, au même titre que ce scénario, nous aura paru trop long.

Note du match : 6,5/10

WWE HELL IN A CELL 2020
Hell in a Cell fait légèrement mieux que son prédécesseur, Clash of Champions. Sauvé en grande partie par un Bayley / Banks qui restera dans les annales des Hell in a Cell féminins mais aussi par un Reigns / Uso épique en terme de narration, le reste du show aura oscillé entre médiocre et passable. On retiendra tout de même l'implication scénaristique sur la plupart des matchs et les graines posées ça et là pour proposer de nouveaux scénarios aux catcheurs ou poursuivre ce qui vient d'être établi. Tout de même, il serait probablement temps de prendre exemple sur la construction des matchs de Pay-Per-View établis par NXT ou AEW, où chaque match a le potentiel de justifier l'intérêt du show et ce quelque soit son placement sur la carte. Encore une fois, ce n'est pas un Retribution contre le Hurt Business, un concours de guitare ou des procès comiques qui nous auront incité à regarder Hell in a Cell. On louera tout de même pour conclure les efforts réalisés par tous les participants des Hell in a Cell, une stipulation toujours compliquée à gérer et élevée en terme d'attente !
R-Truth / Gulak
3.5
Reigns / Uso
7.5
Elias / Hardy
5
Otis / Miz
5.5
Bayley / Banks
9
Lashley / Slapjack
3.5
McIntyre / Orton
6.5
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5.8

A propos de l'auteur

Tony Truand

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