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AEW, l’esprit d’équipe

Ceintures par équipes AEW

L’un des principaux objectifs de l’AEW depuis sa création, appuyé par un discours des Young Bucks sur le sujet lors de la présentation de la fédération, était de mettre en avant sa division par équipes et de prouver qu’à deux, c’est parfois mieux.

Des équipes épiques

Le catch par équipes, ça ne date pas d’aujourd’hui. Le premier match par équipes officiel que l’on peut retrouver se situe en 1901 dans une promotion de San Francisco. Il faut toutefois attendre les années 30 pour voir cette discipline gagner une popularité nationale avant de déterminer pour la première fois des champions dans cette catégorie dans les années 50. Dans les décennies qui suivirent, de grands noms d’équipes sont apparus et ont été définitivement inscrits dans la légende : les Road Warriors, Edge & Christian, Rock and Roll Express, les Dudleys, les Steiner Brothers, Demolition, les frères Hardy ou encore Funk, le Midnight Express, Hart Foundation, les Fabulous Freebirds ou plus récemment le New Day… Et encore, on ne se cantonne ici qu’au continent américain ! Si on regarde du côté du Japon on pourrait aussi citer Bad Intentions, Cho-Ten, Tencozy. Du côté de la lucha libre, Los Guerros de la Atlantida, Los Hijos del Averno, Los Gueros del Cielo ou encore Los Perros del Mal.

Promis, on a pensé à vous aussi les Rockers, mais on avait déjà placé les Rock and Roll Express, alors…

L’importance d’une équipe relève de sa cohérence et de sa capacité à perdurer dans le temps. Les catcheurs de prime abord abonnés aux divisions solo associés ensemble de manière plus ou moins aléatoire ont peu de chance de réussir en tant qu’équipe, d’autant plus que cette ficelle est utilisée régulièrement pour déclencher une rivalité entre ces deux derniers. Et le fait de les voir dominer ponctuellement une division avant de disparaître n’est pas fait pour solidifier le statut des équipes en place sur le long terme. Bien entendu, quelques exceptions sont à noter et certaines de ces associations ont fini par payer. On pourra citer le couple Daniel Bryan & Kane, devenus Team Hell No, Booker T & Goldust, Cesaro & Sheamus appelés au bout d’un certain temps The Bar, James Storm & Bobby Roode (Beer Money) ou encore Edge & Randy Orton (Rated RKO).

Quoi qu’il en soit, un constat s’impose actuellement : la WWE a du mal à maintenir de l’intérêt autour de sa division par équipes. Si nous avions connu une lueur d’espoir avec le New Day, les Usos, le Shield, la Wyatt Familly, The Revival, le fait est qu’en dépit de la qualité de ces dernières, les scénarios dans lesquels ces équipes se retrouvaient n’étaient pas des plus captivants. Aujourd’hui, la situation semble avoir empiré : aucune des équipes mentionnées juste avant n’est présente – pour des raisons diverses que nous n’étayerons pas ici – et les duos restants ces dernières semaines se comptent sur les doigts d’une main (une main qui aurait six doigts, mais ça compte pour une main quand même) : Cesaro & Nakamura, Miz & Morrison, The Streets Profits, Garza & Andrade, Lucha House Party, Viking Raiders. Et ce pour deux shows différents. Clairement, la fédération n’est pas prête à redorer son blason de ce côté.

Des tandems qu’on aime

Pour ce qui est de l’AEW, il semblerait que les promesses annoncées soit en passe d’être tenues. Non seulement nous avons une division riche, mais elle est souvent suffisamment exposée à travers des scénarios riches pour aiguiser puis maintenir notre intérêt. Tout d’abord, faisons un état des lieux des duos actuellement en place :

C’est pas un peu dur de s’y retrouver, dans toutes ces équipes ?
  • Pride and Powerful (Santana & Ortiz)
  • Best Friends (Chuck Taylor & Trent)
  • Kenny Omega & Adam Page
  • SCU (Scorpio Sky, Christopher Daniels & Frankie Kazarian)
  • Jurassic Express (Luchasaurus, Jungle Boy & Marko Stunt)
  • Private Party (Isiah Kassidy & Marq Queen)
  • The Hybrid 2 (Jack Evans & Angelico)
  • Young Bucks (Matt jackson & Nick Jackson)
  • FTR (Cash Wheeler & Dax Harwood)
  • Lucha Bros (Rey Fenix & Penta Zero El M)
  • The Butcher and The Blade
  • Dark Order (Evil Uno & Stu Grayson)

Comme nous l’avons évoqué plus haut, la qualité de l’effectif est une chose, mais l’importance donnée à la division à travers les scénarios l’impliquant en est une aussi, et capitale qui plus est. Si tout n’est pas parfait, nous pouvons par moment noter des petites touches montrant la capacité des catcheurs en équipe au sein de l’AEW. L’un des meilleurs exemples est la victoire dans un match par équipe de Scorpio Sky, membre de SCU, sur Chris Jericho qui était alors champion poids lourd de la compagnie. Cette victoire lui octroiera un match de championnat individuel dans lequel Scorpio montrera ses qualités et le fait qu’il puisse faire jeu égal avec le catcheur le plus important de la fédération durant un match, bien que celui-ci se termine par une victoire du champion.

Des duos au plus haut

L’autre exemple du moment est un chapitre qui semble – du moins pour le moment – s’être conclu à All Out. Il s’agit d’un triangle, pas amoureux, mais mettant en jeu l’amitié de l’Elite composée de deux équipes à travers les Young Bucks puis les champions par équipe du moment, Kenny Omega & Adam Page, face à l’arrivée de FTR, anciennement connue sous le nom de Revival à la WWE. Tandis que les nouveaux venus semblaient s’aligner avec l’Elite, leur permettant d’être impliqués dans des rivalités face aux Lucha Bros et à The Butcher and The Blade, Dax Harwood & Cash Wheeler ont surtout tissé des liens avec Adam Page. Kenny Omega, de son côté, se retrouvait souvent mis à l’écart, voir chahuté par FTR.

Hey, pas la peine de rentrer le ventre, on est quand même content que vous soyez là !

Les Young Bucks, de leur côté, ont du supporter les humeurs du Best Bout Machine et tâcher de contrôler ses frustrations l’amenant à réaliser des actions peu respectables post-match. Plus tard, c’était au tour d’Adam Page, privilégiant de plus en plus FTR au détriment de son groupe, de provoquer des complications au sein de l’Elite, à tel point que Hangman a fini par se faire expulser du groupe par les Young Bucks. Ces multiples obstacles n’ont pas été sans incidence pour les frères Jackson : eux aussi montraient régulièrement des signes d’agressivité inhabituels, à tel point qu’ils s’attaquèrent injustement à un employé d’AEW.

En parallèle de tout ceci, FTR obtint un match de championnat contre Omega & Page, seulement pour dévoiler leur véritable nature et trahir Page afin d’obtenir les titres, créant le chaos le plus total au sein de The Elite : Kenny a des envies d’ailleurs au sein de la division solo, les Bucks ne sont plus en odeur de sainteté au sein de la compagnie qu’ils ont co-fondé (en conservant le kayfabe, bien entendu) et Page se retrouve seul et sans repère. Clairement, plusieurs leçons sont à tirer pour chaque membre de cette rivalité et il sera intéressant de voir comment les catcheurs impliqués développent leur personnage à partir de là.

Ce qui est intéressant, c’est que ce scénario résumé en quelques paragraphes, aura duré plus de deux mois et occupé une place toujours importance au sein de chaque émission tout en parvenant à placer des équipes alors au second plan d’une façon ou d’une autre pour ne pas faire de jaloux (Jurassic Express, Blade & Butcher, Lucha Bros…). Ainsi, si tout n’est parfait et que ce scénario aurait par exemple bénéficié d’une conclusion un peu plus impressionnante, le fait est que AEW s’implique bel et bien dans sa division par équipes et met les moyens pour mettre en avant ses membres. Un exemple à suivre pour les autres fédérations !

A propos de l'auteur

Tony Truand

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